Sur cette route où les tombes fleurissent à longueur d'horizon, je me suis égarée. Je marche si près du sol mais la tête dans les nuages, j'en oublie ce fichu mauvais temps qui me poursuit. Un pétale tournoie devant moi, il ne se fatigue pas, j'ai l'impression que le vent qui le porte me parle de toi et emporte avec lui, la chaleur de tes bras.
Les arbres ne sont plus que de vulgaires squelettes de bois inanimés, observant tristement, ses feuilles une à une tomber. Le soleil abîmer ne brille que faiblement, j'aimerai lui donner ma joie, si seulement j'en avais.
Et quand il disparaît derrière les montagnes, il illumine dans le ciel rose, un éclatant besoin de toi. Mon c½ur s'endort avec la nuit froide qui est tombée, à côté d'un arbre je me suis couchée. J'hallucine à son pied, et la feuille qui tombe doucement me glace le sang. La fin de l'automne approche à grand pas, j'entends un bruit, est-ce que c'est toi ? Une larme trace sur ma joue rougie par le froid, une rivière portant ma tristesse et s'écrase dans un sanglot aux creux de mes mains. Répare mon c½ur en morceaux. Une branche craque, dans un sursaut je te cherche mais ne voit, que l'étendue de la pleine endormie sous le brouillard. Je m'effondre une nouvelle fois à genoux, et m'étends sur ce sol glacé par la nuit. En observant les étoiles, j'ai l'impression que comme autrefois tu me prenais la main, mais quand je la regarde, je ne serre que mon poing. Et même si elles me disaient qu'encore tu m'aimais, jamais je ne les croiraient. J'imagine nos noms tout là-haut, portés par un magnifique arc-en-ciel nocturne qui les aideraient à s'accrocher à cette si belle lune. J'hallucine au pied d'un arbre, et la feuille qui tombe doucement me glace le sang.
Ce texte m'appartient merci :)